« Pourquoi tu cours ? » - partie 2 : pour mieux contrôler mon anxiété

A la question - “ pourquoi tu cours ? “ - j’ai pas mal de raisons différentes à donner. En voici une autre : 

2 - Je cours pour mieux contrôler mon anxiété

En toute honnêteté, je ne sais pas quand j’ai commencé à manifester autant d’anxiété. Car ça n’a pas toujours été comme ça. Ça a été progressif, c’est désormais bien installé.

Je suis anxieux dans la rue (si je croise quelqu’un sur un trottoir trop petit, lequel de nous deux va se pousser vers la droite ? Vers la gauche ?), dans les transports (si je me lève un peu trop tôt avant l’arrêt du bus, les gens vont-ils me regarder et me juger ?…). Ajoutez à cela un gros syndrome de l’imposteur, un manque de confiance en moi sans commune mesure, et vous pouvez facilement m’imaginer vivre chaque situation du quotidien vie à travers le filtre terrifiant du regard de l’autre

Depuis quelques années, la course a pied agit comme un anxiolytique. Quand je sais que je vais être poussé hors de ma zone de confort (un rendez-vous, un entretien, une confrontation, une visite déstabilisante…) que ce soit dans le cadre professionnel ou à n’importe quel moment de la journée, j’anticipe le stress à venir en m’organisant un entraînement particulièrement difficile, une sortie particulièrement longue. 

Ainsi vidé de mon énergie, mon corps et mon esprit rejettent toutes possibilités de frictions, de réactions. Tout ce qui pourrait me gêner, me déstabiliser, m’énerver, prend tout de suite moins d’importance. Pendant les quelques heures qui suivent mon entraînement, je suis dans un autre monde, je vibre sur une autre fréquence, dans un calme paradoxalement euphorisant. Extatique. 

Je parle de « contrôler » mon anxiété, mais, finalement, le mot est mal choisi. Je ne suis pas dans le contrôle, je ne suis pas dans la maîtrise, je suis dans le laisser-aller. Dans la soumission aux hormones du plaisir à l’effort : endorphines, sérotonine, dopamine.

Il y a un petit côté lâche à tout ça, c’est vrai. Dans ce refus d’affronter certaines situations de vie en société sans se mettre dans un état second. Mais on aurait tort de se priver de cette médication totalement saine et naturelle que nous offre l’activité physique…

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Aujourd’hui, beaucoup ne veulent plus souffrir ou ressentir en courant…