« Pourquoi tu cours ? » - partie 1 : pour cicatriser l’échec professionnel
© Guille Pozzi / Unsplash
A la question - “ pourquoi tu cours ? “ - j’ai pas mal de raisons différentes à donner. En voici une :
I - Je cours parce que je suis en échec professionnel.
Je suis sorti de l’Université avec un Master 2 en Ingénierie éditoriale et Communication, lettres et Sciences Humaines, reçu à la faculté de Cergy Pontoise, en région parisienne. Un diplôme très - trop - théorique pour être impactant.
Bac +5 en poche, j’ai immédiatement commencé à chercher un emploi dans les sphères qui m’intéressaient à l’époque - Il y a environ 15 ans maintenant : le journalisme, la communication, dans le sport, dans la musique…
Mais, au début des années 2000, une violente crise sociale touchait les cadres qui sortaient de l’université, en particulier dans le domaine de la comm’ et de la culture. Très peu d’appelés pour encore moins de reçus. Après l’envoi de plusieurs centaines de lettres de motivation - la très grande majorité sans réponses - des entretiens dans tous les coins de Paris et de l’Île-De-France, parfois à deux heures de trajet de la maison, après plusieurs mois - années - d’efforts et de crispation, j’ai fini par baisser les bras.
D’un naturel discret, timide, introverti, je n’avais déjà pas une confiance blindée en mes capacités. J’ai fini par perdre le peu d’estime que j’avais encore pour moi-même, jusqu’à faire le deuil de la carrière dont je rêvais depuis petit. Pour payer mon loyer, j’ai fini par postuler dans un magasin de sport en tant que vendeur. Un virage vers l’univers du commerce que je n’ai plus quitté depuis 15 ans. Malgré moi.
En parallèle, après presque une vingtaine d’années de Judo Ju-Jitsu, je commençais timidement à me mettre à la course à pied, sur route, sur courtes distances, puis en trail, sur du long, puis, avec l’entraînement, les années : sur ultra. La course était devenu mon exutoire, mon défouloir, ma vengeance. Mes résultats, mes réussites, ne dépendaient plus que de moi. Il n’y avait plus de recruteurs, de professeurs, sans décence ni humanité, dans l’équation.
La course agit encore aujourd’hui - plus que jamais - comme un remède, un baume, soulageant l’ego. J’ai raté ma carrière, je suis officiellement à ranger dans la catégorie des personnes en échec professionnel. L’espoir de trouver un jour l’emploi de mes rêves est mort et enterré.
Grace à la course, au trail, à l’ultra-trail, j’ai le sentiment de réussir quelque chose d’important. Une sensation d’accomplissement que ne m’auront jamais donné mes études, mes diplômes, mes emplois.
Dans le fond, j’aurai bien moins de peine aujourd’hui à jeter ce diplôme au feu que n’importe lequel de mes dossards…
Il y a beaucoup d’autres raisons qui me poussent à courir comme je le fais aujourd’hui et que je détaillerais dans d’autres posts un peu plus tard…