Pas de courbatures et de douleurs après l’entraînement : un signe positif ou négatif ?
© Mickaël Bailly
Attention à bien interpréter les signaux…
Il y a quelques semaines, j’ai pris une bonne leçon sur le Menestrail. Aligné sur la version ultra trail de cette épreuve - 103 kilomètres, j’ai fini par me faire ramasser par la barrière horaire au 52 ème kilomètre, après plus de 8 heures de course dans le froid, la nuit, la boue. J’avais quelques minutes de retard.
J’ai tiré de cette course quelques enseignements et corrections à appliquer à mes entraînements. Et cette évidence : l’absence de courbatures et de douleurs après mes sorties, que je prenais pour un signal positif envoyé par mon corps, était en fait une alerte que je n’avais pas su correctement interpréter.
En effet, j’avais fini par me persuader que le peu de dommages physiques, de fatigue, qui suivaient mes sorties de 30, 40, 50 kilomètres parfois, plusieurs fois dans la même semaine, voir plusieurs jours consécutifs, était synonyme de succès dans ma préparation. J’avais l’impression d’être invincible face à la distance. Mais pas face à la difficulté. Car malgré la longueur de mes sorties : 3, 4, 5 heures parfois, le travail n’était pas fait correctement.
Je devenais imperméable à l’usure et, pourtant, ma trajectoire de progression penchait vers le nul. Il me manquait, en fait, beaucoup de travail musculaire. De la charge, du travail de côte, de cuisse, du court, les yeux en l’air plutôt que le regard loin devant.
Je reprend donc cette nouvelle année avec des objectifs pleins la tête et je n’ai qu’une hâte : celle de secouer, choquer, davantage mes entraînements, quitte à réduire la distance de mes sorties. Souffrir un peu plus et retrouver cette sensation de courbatures qui m’a tant manquée.